Préserver sa trésorerie de la crise du covid-19 en augmentant ses encaissements

    Chefs d’entreprise ou indépendants, préservez vos structures du ralentissement de l’activité entraîné par l’épidémie de coronavirus à l’aide de nos conseils pour augmenter vos encaissements.

DEMANDEZ L’AIDE EXCEPTIONNELLE MISE EN PLACE PAR L’ÉTAT

Le gouvernement a mis en place une aide d’urgence d’un montant maximal de 1 500 euros, qui pourra être demandée à partir du 31 mars 2020 directement sur le site https://impots.gouv.fr.

Les entreprises éligibles à cette aide :

  • Sont indépendantes (EI, autoentrepreneurs ou sociétés) et comptent moins de dix salariés ;
  • Leur chiffre d’affaires 2019 est inférieur à 1 million d’euros (ou leur chiffre d’affaires mensuel moyen jusqu’au 1er marx 2020, pour celles créées après le 1er mars 2019, est d’au plus 83 333€) ;
  • Elles subissent les mesures de fermeture de l’administration ou ont subi une perte de chiffre d’affaires d’au moins 70% sur la période du 21 février 2020 au 31 mars 2020 par rapport à la même période en 2019.

Conseil : ces conditions d’éligibilité sont les mêmes que celles qui permettent de reporter ses loyers et factures de fluides (électricité, gaz, eau).

MOBILISER TOUS LES CRÉDITS DISPONIBLES

Si les mesures de report ou d’échelonnement des paiements ne suffisent pas, c’est là un moment opportun de faire l’inventaire des lignes de crédit encore mobilisables par l’entreprise. Déterminez votre besoin de financement avant de contacter votre conseiller bancaire. Lorsque vous ne bénéficiez pas d’indemnité journalière en cas d’arrêt maladie ou d’assurance prévoyance, il s’agit de vous assurer que le financement de votre activité permettra aussi de couvrir vos coûts personnels. En clair, quand vous demandez un concours bancaire (prêt spécifique de crise, découvert, crédit de toute sorte), intégrez dans votre besoin de trésorerie de pur fonctionnement le montant qui vous est nécessaire pour assurer la vie de votre foyer. Pour disposer d’une première idée de votre besoin de financement, vous pouvez raisonnablement vous référer à votre chiffre d’affaires 2019 diminué des économies de charge (par exemple la masse salariale de vos salariés qui bénéficieraient du régime d’activité partielle), et le rapporter à un tiers, correspondant à trois mois de fonctionnement, période supputée de cœur de crise.

Conseil : Si vous éprouvez des difficultés à négocier, n’hésitez pas à solliciter la médiation du crédit de la Banque de France, ou encore la BPI, qui peut vous accorder des prêts en des conditions arrangeantes. Vous trouverez davantage d’informations sur le soutien que peuvent vous apporter la Banque de France et la BPI aux adresses https://mediateur-credit.banque-france.fr/ et https://www.bpifrance.fr/A-la-une/Actualites/Coronavirus-6-mesures-pour-les-entreprises-annoncees-par-Bpifrance-49117

CONCLURE UN CONTRAT D’AFFACTURAGE

En période de crise, la trésorerie de votre entreprise est une de vos préoccupations majeures, mais pas la seule. Un contratd’affacturage consiste à engager une société spécialisée afin qu’elle prenne à son compte la gestion et le recouvrement de vos créances clients. En clair, vous transférez une créance client (une somme qu’un client vous doit) à un organisme financier, appelé factor (la plupart des banques possèdent une filiale d’affacturage) qui vous rachète sa créance à son montant facturé minoré d’un taux d’affacturage (de 0,4% à 2,6%). Le factor supporte le risque de non-paiement de la part de votre client De la même manière, vous pouvez céder vos créances selon une modalité de cession dite « Cession Bailly » (du nom de la loi du sénateur Etienne Bailly de 1981). Contrairement à l’affacturage, le cessionnaire demeure chargé du recouvrement de la créance

RECOURIR AU FINANCEMENT SUR STOCKS

Aussi appelé « gage sur stocks », ce mode de financement vous permet d’obtenir des lignes de crédit à court terme supplémentaires en fonction de la valeur d’un stock de marchandises ou de matières premières.

Conseil : il s’agit ici aussi de vérifier un encours de crédit. Il est donc recommandé de vérifier quel est l’endettement maximal permis par vos contrats de crédit.

DEMANDER LE REMBOURSEMENT ANTICIPÉ DE VOS CRÉDITS D’IMPOTS

Si votre société bénéficie d’un ou plusieurs crédits d’impôt restituables en 2020, vous pouvez dès maintenant demander le remboursement du solde, après imputation le cas échéant sur votre impôt sur les sociétés, sans attendre le dépôt de votre déclaration de résultat (« liasse fiscale »). Ce dispositif s’applique pour tous les crédits d’impôt restituables en 2020, comme le CICE et le CIR (pour la partie dont le remboursement arrive à échéance cette année), ou encore ceux concernant certains secteurs en difficulté.

Pour cela, rendez-vous sur votre espace professionnel sur https://impots.gouv.fr pour télécharger :

  • la demande de remboursement de crédit d’impôt (formulaire n° 2573) ;
  • la déclaration permettant de justifier du crédit d’impôt (déclaration n°2069-RCI ou déclaration spécifique, sauf si celle-ci a déjà été déposée antérieurement) ;
  • à défaut de déclaration de résultat, le relevé de solde d’impôt sur les sociétés (formulaire n° 2572) permettant de liquider l’impôt dû et de constater la créance restituable pour 2020.

RECOURIR À LA CESSION OU À LA CESSION-BAIL DE VOS ACTIFS NON STRATÉGIQUES

C’est une mesure radicale, mais qui peut permettre à votre entreprise de rester liquide. Il s’agit bien sûr de céder les actifs non essentiels, sans grever votre capacité à produire lorsque la crise sera passée. Aussi appelée « lease-back », la cession-bail consiste à faire racheter un actif par une société de crédit-bail, laquelle remet immédiatement à votre disposition, dans le cadre d’un contrat de location, les actifs cédés.

Conseil : une cession d’actif étant une opération lourde et longue, vous pouvez avoir recours à un « prêt relais » pour bénéficier immédiatement d’une part du montant de la cession. La particularité des prêts-relais est que seuls les intérêts sont payés pendant la durée de vie du contrat. Le principal n’est payé qu’à échéance.

Conseil : les contrats de cession bail peuvent être assortis d’une option d’achat, qui vous permettra de reprendre pleine possession de l’actif concerné lorsque votre trésorerie sera restaurée.

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